L'esclavage

                                                                                     L'esclavage

L'année 1674 est celle du grand virage, pour l'esclavage. Jusque là, depuis des siècles, des africains sont emmenés à travers le Sahara vers les pays du monde arabe, où ils deviennent domestiques, mais le voyage, long et coûteux, et la demande modeste limite le prélèvement sur les populations africaines.

Les planteurs de sucre espagnols du Venezuela et portugais du Brésil achètent aussi des esclaves mais en quantité limitée, car le transport, par le système de l'Asiento est le monopole des marchands hollandais, qui se limitent aux expéditions les plus rentables, tandis que le prix élevé du sucre sur le marché mondial empêche sa commercialisation à grande échelle.

Le commerce triangulaire prend son essor à partir de 1674, l'année où les français et les Anglais se lancent en même temps sur le marché et disputent aux hollandais, d'abord discrêtement, le monopole du transport des esclaves de la côte africaine vers les Amériques, où deux grandes îles, la Jamaïque et Saint-Domingue et trois petites, la Martinique, la Guadeloupe et la Barbade deviennent la principale zone mondiale d'importation des esclaves.

Le futur roi Catholique anglais Jacques II crée en 1674 la compagnie royale d'Afrique tandis que son cousin français Louis XIV fonde la Compagnie du Sénégal la même année et dissout la Compagnie des Indes de Colbert, l'un des premièrs compagnies coloniales françaises, à qui il reproche son incapacité à importer des esclaves pour rentabiliser son activité et contribuer ainsi au financement du chateau de Versailles. L'année 1674 est celle où Louis XIV devient un monarque absolu et prend ses distances avec Colbert, pour se rapprocher de sa maitresse la Marquise de Maintenon, qui a passé son enfance à la Martinique et vient de racheter avec l'argent du roi, le chateau de Maintenon à Charles François d'Angennes, qui devient quelques années plus tard le plus riche planteur de Martinique.

L'arrivée des Français et des Anglais en 1674 sur les côtes d'Afrique fait fait brutalement monter le prix des esclaves, entraînant le développement de nouveaux circuits d'approvisionnement à intérieur du continent, qui affaiblissent les sociétés africaines traditionnelles.


L'arrivée en masse de nouveaux esclaves aux Antilles fait parallèlement baisser leur prix d'achat par les planteurs de Canne à sucre, tandis que la production de sucre progresse très vite, ce qui a pour effet d'abaisser le prix de cette denrée sur le marché mondial, et de favoriser sa consommation en Europe.

Pour laisser la voie libre aux planteurs de sucre, Jacques II et Louis XIV tentent d'étouffer financièrement les petits planteurs de tabac des Antilles, par ailleurs soupçonnés de collusion avec les flibustiers et autres Frêres de la Côte. En France, la ferme du tabac est un monopole créé en 1674. Le prix d'achat aux planteurs est abaissé et le prix de vente au contraire relevé. Du coup, les producteurs sont découragés et la plupart des consommateurs préfèrent s'approvisionner en tabac de Virginie et du Maryland, où Jacques II vient justement d'octroyer à des aristocrates catholiques des terres pour créer d'immenses plantations de tabac qui fonctionnent elles à base d'esclaves.

Le commerce triangulaires se développe encore, côté Français, à la fin des années 1680 avec le renforcement de la communauté des Irlandais de Nantes, des réfugiés religieux jacobites qui vont créer de puissantes sociétés commerciales comme la Compagnie d'Angola
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# Posté le lundi 13 avril 2009 11:13

L'abolition de l'esclavage

                                                                                        L'abolition de l'esclavage

L'abolition de l'esclavage a été proclamée une première fois en France pendant la Révolution, à l'initiative de l'abbé Henri Grégoire le 4 février 1794. Malgré l'opposition des planteurs ou de la bourgeoisie de commerce des ports qui font valoir que la libération des esclaves ruinerait les colonies françaises, les conventionnels mettent en œuvre le principe révolutionnaire selon lequel « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Il s'agit également de gagner l'appui des esclaves haïtiens menés par Toussaint Louverture dans leur révolte contre les colons, devenus pro-britanniques, de Saint-Domingue, l'actuelle Haïti. Par la loi du 20 mai 1802, le Premier Consul Napoléon Bonaparte annule ces dispositions, autorisant à nouveau l'esclavage dans les territoires français d'outre-mer concernés par le traité d'Amiens. Si elle ne vise donc pas la Guadeloupe, la Guyane et Saint-Domingue, elle entraîne progressivement le rétablissement de l'esclavage dans l'ensemble des colonies françaises, à la Guadeloupe en 1802 et en Guyane en 1803[1]. La révolte reprend ainsi à la Guadeloupe et à Haïti qui parvient à arracher son indépendance. Le 29 mars 1815, pendant les Cent Jours, Napoléon abolit la traite[2], semble-t-il pour punir les ports français de l'Atlantique qui, en 1814, s'étaient réjouis de sa chute qui mettait fin au blocus maritime des côtes françaises par la marine britannique[réf. souhaitée]. À la Restauration, cette décision restera néanmoins lettre morte.

# Posté le lundi 13 avril 2009 12:03

Victor Schoelcher

                                                                                       Victor Schoelcher
Victor Schoelcher est né en Alsace dans une famille bourgeoise. Il fait ses études à Paris et est initié à la franc-maçonnerie. Son père, fabricant de porcelaine, l'envoie au Mexique pour affaire, mais aussi pour l'éloigner des milieux républicains qu'il fréquente.

En voyage à Cuba, il découvre l'esclavage dans les plantations et les conditions de vie des esclaves noirs qui le révoltent. A son retour en France, il milite activement pour l'abolition de l'esclavage en publiant des articles et des livres.

Au début, Victor Schoelcher n'est pas favorable à une libération immédiate des esclaves, mais préfère plutôt une évolution progressive car, pour lui, les esclaves ne sont pas prêts à devenir libres. C'est après un second voyage dans les colonies en Afrique, puis aux Antilles qu'il se prononce pour une abolition immédiate de l'esclavage

Après la Révolution de 1848, Victor Schoelcher rencontre François Arago, ministre de la Marine et des Colonies du Gouvernement provisoire de la IIe république, et est nommé Sous secrétaire-d'État. Il est l'initiateur du décret du 17 avril 1848 qui abolit définitivement l'esclavage en France et dans les colonies françaises selon le principe que "le sol de la France affranchit l'esclave qui le touche".

Contre son avis, les colons qui exploitaient les 260 000 esclaves libérés sont indemnisés tandis que ces derniers ne reçoivent rien. Victor Schoelcher veille à l'application du décret et, soutenu par les loges maçonniques et les clubs républicains, il est élu député de la Martinique et de la Guadeloupe, laissant ce dernier siège à son suppléant, Loisy Mathieu, un ancien esclave.

Victor Schoelcher lutte aussi contre la peine de mort et publie en 1851 un recueil "Abolition de la peine de mort". Républicain opposé au coup d'Etat de Napoléon III en 1851, il doit s'exiler, jusqu'à la chute de l'Empire, en Angleterre où il rencontre Victor Hugo. A son retour, il est réélu député de la Martinique en 1871, puis devient sénateur en 1875.

Victor Schoelcher, jusqu'à la fin de sa vie, demeure un humaniste fervent défenseur d'une république démocratique et sociale, luttant contre l'analphabétisme, pour l'instruction publique laïque et gratuite et l'égalité entre les hommes et les femmes.

# Posté le lundi 13 avril 2009 13:57

Zoo Humain (partie 1)

Les expositions coloniales ou zoo humain furent l'occasion de présenter au public de la métropole un échantillon des divers peuples colonisés mis en situation forcée dans un environnement reconstitué.

# Posté le lundi 13 avril 2009 14:07